Africain Néo-conservateur Disciple de CHEIKH ANTA DIOP RENSEIGNEMENT Passionné de Géopolitique et Géostratégie
Les relations internationales ressemblent à une jungle où règne la loi du plus fort. Le droit international, la démocratie et les droits de l'homme sont régulièrement bafoués par les grandes puissances, qui n’hésitent pas à imposer leur hégémonie aux plus faibles. L’invasion de l’Afghanistan, de l’Irak, de la Serbie et de la Palestine, en violation manifeste de la Charte des Nations Unies, de même que l’occupation illégale de certaines régions de la Syrie par les États-Unis et la destruction de la Libye sous de faux prétextes, illustrent avec éclat le rapport de force qui structure la gouvernance mondiale.
Après l’échec de la Société des Nations (SDN), incapable d’empêcher les agressions ayant conduit à la Seconde Guerre mondiale, l’Organisation des Nations Unies (ONU) semble aujourd’hui dépassée face aux conflits contemporains.
Une guerre aux conséquences imprévisibles vient d’éclater entre l’Iran et Israël, à la suite d’une agression de l’entité sioniste contre un État souverain. Pourtant, les signes avant-coureurs de cette guerre étaient évidents : violations répétées des résolutions onusiennes depuis des décennies, génocide en cours à Gaza, et attaques récurrentes contre la souveraineté de l’Irak, de la Syrie, du Yémen et du Liban par la puissance coloniale israélienne.
Au nom de quoi un petit pays comme Israël peut-il détenir l’arme nucléaire, alors qu’un grand pays comme l’Iran en est empêché ? C’est bien parce qu’Israël agit comme un proxy des puissances coloniales occidentales au Moyen-Orient. Ni plus ni moins. Ces puissances s'arrogent unilatéralement le droit implicite de faire comme bon leur semble, dès lors que leurs intérêts géopolitiques et géostratégiques sont sérieusement menacés. Et ce, au mépris du droit international.
Faut-il rappeler qu'Israël n'est pas signataire du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) et maintient une politique d'opacité concernant son programme nucléaire, tandis que l'Iran en est signataire depuis 1968 et l'a ratifié en 1970. Mieux, le seul pays qui a revendiqué haut et fort avoir utilisé la bombe atomique dans l'histoire reste les États-Unis. Bizarrement, c’est ce même pays qui se présente de nos jours comme le premier rempart contre cette arme de destruction de massive. Curieux non ?
C’est le fameux principe tacite du « fais ce que je dis, pas ce que je fais ». Ainsi fonctionne la realpolitik dans ce monde de prédation.
Cette même logique du rapport de force s’observe dans les institutions de l’ONU, où seules les grandes puissances disposent d’un siège permanent au Conseil de sécurité et d’un droit de veto. C’est ce déséquilibre structurel qui explique pourquoi la plainte du Mali, avec preuves à l’appui, accusant la France de collusion avec des groupes terroristes, a été étouffée dans l’œuf. Il en va de même pour les nombreuses implications d’armées occidentales dans l’assassinat de leaders africains souverainistes (Lumumba, Um Nyobè, Sankara, Kadhafi, etc.) ou dans les coups d’État qui ont déstabilisé le continent (Sylvanus Olympio, Modibo Keïta, Laurent Gbagbo, etc.). Dans un monde de prédation comme le nôtre, les institutions internationales et les valeurs morales sont régulièrement foulées aux pieds par les grands prédateurs étatiques.
Face à ce constat, les pays du Sud global, et en particulier l’Afrique, doivent impérativement se doter des moyens de leur souveraineté et bâtir une puissance réelle, capable d’inspirer respect et crainte dans l’arène internationale. Cela implique une stratégie panafricaniste intégrée, fondée sur la défense militaire, le renforcement culturel, le développement économique, la maîtrise technologique et une diplomatie indépendante.
Les États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) semblent avoir saisi cette dynamique réaliste qui gouverne les relations internationales. Aujourd’hui, cette confédération refuse de continuer à servir de proie aux puissances coloniales prédatrices. Et ce, à juste titre.
Pa Mesu Camara